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Le logement : l’enfant trop gourmand du budget mobilité

  • Photo du rédacteur: Thierry Devresse
    Thierry Devresse
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Founder of MMBB & MBE | Mobility Budget Expert

February 19, 2026

Gulzige kind van het mobiliteitsbudget
Gulzige kind van het mobiliteitsbudget

Au sein de la « famille » du budget mobilité, on retrouve notamment les voitures sans émissions de CO₂, les voitures partagées ou louées, les vélos achetés, loués ou financés, les transports publics, le cash… et le remboursement des frais de logement.


Dans la loi actuelle, le remboursement des frais de logement n’est autorisé que si le bénéficiaire du budget mobilité habite à moins de 10 km de son lieu de travail principal et s’il est signataire du contrat de logement.


La logique est claire : ces personnes, en raison de la proximité de leur domicile, réduisent de plus de 50 % leurs déplacements par rapport à la moyenne des conducteurs de voitures de société.


Si tous les travailleurs se trouvaient dans cette situation, les embouteillages disparaîtraient pratiquement et le nombre de kilomètres parcourus annuellement par les voitures de société diminuerait d’environ 30 km par jour pour 600.000 véhicules, soit près de 4 milliards de kilomètres par an.


Sur le papier, le logement semble donc parfaitement légitime au sein des solutions de mobilité durable. Et pourtant, c’est précisément cet élément qui fait l’unanimité… contre lui. Dans sa forme actuelle, il est largement considéré comme inacceptable par les professionnels de la mobilité. C’est « l’enfant trop gourmand » du budget mobilité, celui qui provoque parfois des réactions quasi allergiques de la part des lobbys de la mobilité.


À tort ?

Les experts de la mobilité s’accordent à dire que non. Sans revenir sur ces réactions, voici les principaux problèmes posés par cet « enfant gourmand », ainsi que des propositions de solutions pragmatiques.


1) Une mobilité qui n’est plus multimodale

Aucune solution de mobilité n’est totale en soi : la mobilité est, par nature, multimodale. Pourquoi, dès lors, autoriser que l’intégralité du budget mobilité soit consacrée au logement ?

Le coût moyen d’une voiture de société est d’environ 850 € par mois. À moins de 10 km du lieu de travail, le vélo et les transports publics devraient logiquement être privilégiés et ne coûtent généralement pas plus de 120 € par mois chacun.

De nombreux travailleurs abandonnent d’ailleurs leur voiture de société lorsqu’ils n’ont pas de déplacements professionnels, en combinant vélo, transports publics et voiture partagée pour un budget mensuel d’environ 250 €.

Le remboursement des frais de logement devrait donc laisser une part du budget disponible afin d’encourager l’utilisation de solutions de mobilité durable.

👉 Solution proposée : plafonner le remboursement des frais de logement en déduisant du budget total un montant forfaitaire d’environ 250 €, réservé à la mobilité alternative.


2) Un seuil des 10 km trop rigide

Aujourd’hui, un employé habitant à 10 km de son lieu de travail peut utiliser 100 % du budget logement.

À 10,01 km, il n’a plus droit à rien.

Ce mécanisme « tout ou rien » manque clairement de cohérence.

👉 Solution proposée : introduire une dégressivité progressive du budget logement en fonction de la distance.


Exemple :

  • 10 km : 100 % du budget logement disponible : même dans ce scénario maximal, le montant forfaitaire de 250 € reste disponible pour la mobilité alternative.

  • 11 km : 80 %

  • 12 km : 60 %

  • 13 km : 40 %

  • 14 km : 20 %

  • 15 km : 0 %


3) Le télétravail : une logique perfectible

Le télétravail à plus de 50 % permet aujourd’hui de rembourser les frais de logement, puisque le lieu de travail principal est alors considéré comme étant à 0 km du domicile.

Cette logique est discutable : un employé qui travaille le matin à domicile et l’après-midi au bureau ne réduit pas ses déplacements.

👉 Solution proposée : lier le remboursement des frais de logement au nombre de jours complets de télétravail par semaine, car c’est uniquement dans ce cas qu’il y a une réelle diminution des déplacements.

Exemple :


  • 1 jour complet de télétravail par semaine : 20 % du budget logement disponible

  • 2 jours : 40 %

  • 5 jours : 100 % : même dans ce scénario maximal, le montant forfaitaire de 250 € reste disponible pour la mobilité alternative.


Conclusion : éduquer l’«enfant trop gourmand»

Ces solutions pragmatiques sont simples à implémenter, faciles à mesurer et aisément contrôlables.

En les appliquant, l’enfant gourmand du budget mobilité disparaît et peut enfin devenir un membre à part entière de la famille des solutions de mobilité durable, en soutenant de manière cohérente et complémentaire les autres options.


Et la voiture de société dans tout cela ?

La voiture de société est-elle, elle aussi, un « enfant trop gourmand » de la mobilité ?

Pas du tout lorsqu’elle est utilisée à des fins professionnelles : elle reste souvent indispensable dans de nombreux contextes.

Oui, en revanche, lorsqu’elle est utilisée exclusivement pour les trajets domicile-travail, car elle devrait alors aussi laisser de la place aux solutions de mobilité durable.

Heureusement, cette problématique est en passe d’être résolue. Dès cette année, les entreprises devront proposer un budget mobilité en alternative à la voiture de société, permettant à chaque employé de choisir, en fonction de sa situation personnelle, la forme de mobilité qui lui convient le mieux.

 
 
 

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